Le bourdonnement dans les oreilles, aussi appelé acouphène, est un phénomène fréquent chez les personnes âgées. Ce bruit parasite, souvent décrit comme un sifflement ou un grésillement, peut devenir particulièrement handicapant au quotidien. Comment réagir dans ce cas ? Est-il possible de s’en débarrasser ou de mieux vivre avec ? Explications.
Qu’est-ce qu’un bourdonnement dans les oreilles ?
Un bourdonnement dans les oreilles, également appelé acouphène, est une perception auditive en l’absence de tout son extérieur.
Il ne s’agit donc pas d’une maladie en soi, mais plutôt d’un symptôme qui peut se manifester sous différentes formes :
- sifflement ;
- grésillement ;
- cliquetis ;
- tintement ;
- chuintement ;
- vrombissement ;
- ou bourdonnement.
Il existe par ailleurs deux types d’acouphènes :
- les acouphènes subjectifs : les plus courant, puisqu’ils représentent 95% des cas d’acouphènes. Le son est perçu uniquement par la personne concernée ;
- les acouphènes objectifs : beaucoup plus rares (5% des cas), ils correspondent aux bruits organiques produits par la personne concernée et qui peuvent être entendus par un médecin lors d’un examen médical.
Bourdonnement dans les oreilles : pourquoi est-il plus fréquent chez les seniors ?
Le bourdonnement dans les oreilles est un trouble sensoriel courant chez les seniors et multifactoriel dans la plupart des cas.
La presbyacousie
Il s’agit de la baisse progressive de l’audition liée à l’âge, qui touche une majorité de personnes après 60 ans.
Avec le temps, les cellules sensorielles de l’oreille interne (cellules ciliées), essentielles pour transmettre le message sensoriel au cerveau, s’endommagent ou disparaissent.
Cette détérioration altère non seulement la perception des sons extérieurs, mais pousse également le cerveau à « compenser » ce silence en créant des bruits fantômes. Ces bruits peuvent être interprétés comme un bourdonnement dans les oreilles.
Les causes médicales sous-jacentes
Un bourdonnement persistant dans les oreilles n’est jamais à prendre à la légère. Il peut révéler une pathologie sous-jacente plus sérieuse ou nécessitant un traitement spécifique.
Parmi les causes les plus fréquentes :
- un bouchon de cérumen : bénin, mais très courant. Il suffit parfois d’un simple lavage d’oreille pour que les acouphènes disparaissent ;
- des troubles circulatoires : une hypertension artérielle mal contrôlée ou une athérosclérose peuvent altérer la circulation vers l’oreille interne, provoquant des sons pulsatiles (acouphènes pulsatiles) ;
- la maladie de Ménière : elle associe vertiges, acouphènes et perte d’audition fluctuante. Elle touche l’oreille interne et peut fortement impacter la qualité de vie ;
- l’arthrose cervicale : fréquente chez les personnes âgées, elle peut générer des tensions nerveuses et musculaires qui se répercutent sur l’audition ;
- les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM) : souvent ignorés, ils peuvent pourtant perturber l’équilibre des sons perçus, surtout si la mâchoire est désalignée.
L’impact des médicaments (ototoxicité)
De nombreux médicaments peuvent être « ototoxiques », c’est-à-dire toxiques pour l’oreille interne. Ils peuvent endommager les cellules auditives et provoquer ou aggraver un bourdonnement dans les oreilles. Il est primordial de faire le point avec son médecin ou son pharmacien sur les traitements en cours.
Un ajustement peut parfois suffire à atténuer, voire à faire disparaître ces acouphènes.
Les facteurs aggravants : mode de vie et environnement
Au-delà des causes médicales, plusieurs éléments du quotidien peuvent amplifier la gêne ressentie par les acouphènes, voire les rendre chroniques, parmi lesquels :
- le stress et l’anxiété : ils ne provoquent pas directement les bourdonnements, mais les rendent bien plus difficiles à supporter. Le stress augmente la vigilance du cerveau, qui se focalise encore plus sur ce bruit parasite ;
- la fatigue physique ou nerveuse : elle diminue la tolérance au bruit et accentue la sensibilité auditive, rendant les acouphènes omniprésents et plus envahissants ;
- l’exposition au bruit : les seniors doivent continuer à protéger leur audition. Une exposition même brève à un son trop fort (feux d’artifice, sirène, outils de jardinage…) peut suffire à déclencher ou amplifier les acouphènes ;
- la consommation de stimulants : café, thé, alcool et tabac sont souvent des habitudes installées de longue date. Or, ils peuvent accentuer la perception des acouphènes, notamment chez les seniors, en raison de leurs effets sur le système nerveux central et la circulation sanguine.
Bourdonnement dans les oreilles : quand et qui consulter ?
Un bourdonnement dans les oreilles peut sembler anodin, mais il ne faut jamais le prendre à la légère, surtout s’il persiste. Certains signaux doivent vous alerter, notamment si le bourdonnement :
- survient soudainement, sans cause apparente ;
- s’accompagne d’une perte auditive brutale ;
- est associé à des vertiges, des nausées ou des maux de tête ;
- se manifeste uniquement dans une seule oreille (unilatéral) ;
- devient handicapant au quotidien (troubles du sommeil, difficulté de concentration…).
Face à ces signaux d’alerte, ne tardez pas à consulter : une prise en charge rapide permet souvent de mieux comprendre l’origine d’un bourdonnement dans les oreilles et d’adopter les bons réflexes. Pensez dans ce cas, à consulter un médecin.
Votre médecin traitant
Premier point de contact, il peut réaliser un bilan global en évaluant votre tension artérielle, vos antécédents médicaux, et les traitements en cours. En fonction de ses observations, il pourra vous orienter vers un ORL pour un examen plus approfondi.
L’ORL (oto-rhino-laryngologiste)
Spécialiste des troubles auditifs, il effectuera :
- une otoscopie pour vérifier la présence éventuelle d’un bouchon de cérumen ;
- un audiogramme pour évaluer l’audition et la perte auditive liée à des acouphènes ;
- des examens d’imagerie si nécessaire, comme un scanner ou une IRM pour écarter une pathologie sous-jacente plus sérieuse.
Cette démarche est essentielle pour poser un diagnostic précis et envisager un traitement adapté. Mais au-delà du diagnostic, c’est tout un parcours de soins qui peut s’engager, nécessitant un suivi régulier, des consultations spécialisées, voire des équipements auditifs.
Pour traverser cette étape en toute confiance, il est essentiel de pouvoir compter sur une complémentaire santé réellement adaptée aux enjeux de l’âge. La mutuelle santé senior proposée par Mutualp offre une protection optimale, notamment pour faire face aux troubles auditifs, tout en s’adaptant à l’évolution de vos besoins de santé.
Que ce soit pour consulter un spécialiste, bénéficier d’un suivi régulier ou préserver votre qualité de vie, c’est une solution pensée pour vous accompagner durablement.
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Bourdonnement dans les oreilles au quotidien : solutions et astuces pour le gérer
Même s’il n’existe pas de solution miracle pour se débarrasser définitivement des acouphènes. de nombreuses stratégies pour peuvent les rendre moins perceptibles et moins gênants au quotidien.
Les solutions auditives
L’un des principaux objectifs est de « masquer » le bourdonnement dans les oreilles. Le cerveau, en présence d’un autre son, a tendance à moins se focaliser sur les acouphènes. Peuvent être envisagés dans ce cas :
- les masqueurs d’acouphènes : ce sont de petits appareils auditifs qui émettent des fréquences hautes ou basses afin de masquer les acouphènes ;
- les générateurs de bruits : vous pouvez utiliser des appareils ou des applications sur votre smartphone, pour créer un fond sonore apaisant ou un « bruit blanc » pour masquer les acouphènes surtout la nuit ;
- les aides auditives : qui peuvent être efficaces si le bourdonnement dans les oreilles est lié à une perte auditive. En amplifiant les sons extérieurs, elles rendent les acouphènes moins perceptibles tout en améliorant l’audition.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)
La TCC est une approche psychologique qui a montré son efficacité pour aider les personnes à mieux vivre avec des acouphènes. Le principe est de changer la perception et la réaction émotionnelle face au bourdonnement dans les oreilles en proposant :
- de comprendre le phénomène : la TCC aide à démystifier les acouphènes et à réduire l’anxiété qui y est associée ;
- des techniques de relaxation : pour réduire la tension qui peut aggraver le bourdonnement dans les oreilles ;
- de s’y habituer : l’objectif n’étant pas de faire disparaître les acouphènes, mais de s’y habituer au point de ne plus y prêter attention.
L’ajustement du mode de vie
Pour soutenir les traitements principaux, adopter une hygiène de vie saine est primordial pour atténuer la sensation de bourdonnement dans les oreilles. Cela passe par :
- la gestion du stress : la méditation, la sophrologie, le yoga ou même la simple marche en pleine nature sont d’excellents outils pour apaiser le système nerveux et rendre les acouphènes moins envahissants ;
- l’amélioration du sommeil : un bourdonnement dans les oreilles peut grandement perturber le sommeil. Établir un rituel relaxant (lecture, musique douce) ou utiliser un générateur de bruit blanc peut faciliter l’endormissement ;
- une alimentation équilibrée : privilégiez une alimentation anti-inflammatoire (riche en oméga-3, fruits et légumes) et limitez le sel (surtout en cas de maladie de Ménière), les excitants (café, thé, cola) et l’alcool.
Les médecines douces
Face à un bourdonnement dans les oreilles persistant, certaines personnes se tournent vers les médecines alternatives pour améliorer leur confort au quotidien. Bien que ces approches ne remplacent pas un suivi médical classique, elles peuvent soulager les acouphènes.
Parmi les médecines douces pouvant être envisagées :
- l’acupuncture : issue de la médecine traditionnelle chinoise, elle vise à rétablir l’équilibre énergétique du corps. En agissant sur le stress, la circulation et les tensions, elle peut aider certains patients à mieux tolérer la perception des acouphènes ;
- l’ostéopathie : particulièrement utile lorsque les acouphènes sont liés à des troubles musculosquelettiques, notamment au niveau des cervicales, de la mâchoire ou du crâne. Des séances ciblées peuvent libérer les tensions, améliorer la vascularisation de l’oreille interne et diminuer l’intensité des acouphènes ;
- l’hypnothérapie : cette approche travaille sur la perception subjective du bruit et la gestion émotionnelle de l’inconfort. Elle permet à certaines personnes de retrouver un apaisement mental et de réduire l’impact du bourdonnement dans les oreilles au quotidien.
Important : il est essentiel de considérer ces méthodes comme des approches complémentaires, et non des traitements de substitution. Avant d’y songer, parlez-en à votre médecin afin de vous assurer que celle que vous avez choisie s’intègre harmonieusement dans votre parcours de soins.
Loin d’être une fatalité, le bourdonnement dans les oreilles est un phénomène courant chez les seniors. Grâce à une bonne information, une prise en charge adaptée, des solutions naturelles ou technologiques, il est possible de retrouver un meilleur confort de vie.
FAQ – Bourdonnement dans les oreilles chez les seniors : les questions les plus fréquentes
Le bourdonnement dans les oreilles est-il forcément un signe de surdité ?
Non, un bourdonnement dans les oreilles n’est pas forcément un signe de surdité, mais il est très souvent lié à un trouble de l’audition.
Le bourdonnement dans les oreilles peut-il s’aggraver avec le temps ?
Oui, en l’absence de prise en charge, un bourdonnement dans les oreilles peut devenir plus intense, surtout en cas de stress, de fatigue ou de surdité non appareillée.
Peut-on prévenir le bourdonnement dans les oreilles avec l’âge ?
Il n’est pas toujours possible de l’éviter, mais il est possible de réduire ce risque en protégeant son audition, en surveillant sa tension artérielle, en limitant les bruits forts et en consultant dès les premiers signes.