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Une main qui aide à boutonner une chemise, une autre qui prépare les médicaments du jour avec soin… C’est ça, être proche aidant. Ce n’est ni un métier, ni un rôle qu’on choisit vraiment. C’est un lien, celui du cœur. Entre les soins, les démarches administratives et la vie qu’on essaye de mener à côté, il y a une question qui nous tourmente : « Comment prendre soin de l’autre sans s’oublier soi-même ?«  

Qu’est-ce qu’un proche aidant ? 

Un proche aidant est une personne qui apporte une aide de manière régulière et fréquente à un senior en perte d’autonomie ou en situation de handicap.

Cette aide n’est pas exercée à titre professionnel, elle repose sur des liens étroits qu’ils soient familiaux ou non. 

Souvent, on ne se reconnaît pas sous ce terme. On est simplement un fils, une fille, un conjoint, ou un ami qui fait ce qui doit être fait par amour. 

Concrètement, vous êtes probablement un proche aidant si vous : 

  • aidez pour les courses, le ménage ou la cuisine de manière régulière ; 
  • accompagnez votre proche dans ses démarches administratives ; 
  • intervenez pour des soins d’hygiène ou pour l’habiller ; 
  • gérez son budget ou ses médicaments ; 
  • lui tenez compagnie pour rompre son isolement. 

Selon le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, en France, 8 à 11 millions de proches aidants accompagnent un parent, un enfant ou un conjoint en perte d’autonomie

Reconnaître son statut de proche aidant est le premier pas pour accéder à des droits et à un soutien précieux. C’est accepter que l’on ne puisse pas tout porter seul. 

Proche aidant : quand avez-vous pris soin de vous pour la dernière fois ? 

Le dévouement, c’est beau. C’est noble. Mais parfois, il cache une face plus sombre : l’épuisement. On pense à la santé du parent, du conjoint, du proche qu’on accompagne… et on oublie la sienne. 

Jour après jour, sans s’en rendre compte, le proche aidant s’efface un peu. Il avance, par amour, par devoir, jusqu’à ce que le corps ou la tête dise stop ! 

Et pourtant, c’est souvent ce qu’il se passe… 

Peu à peu, sans qu’on s’en aperçoive, la fatigue s’installe, la joie s’effrite, le quotidien devient plus lourd. Et pourtant, les signaux sont là, discrets d’abord, puis de plus en plus évidents : 

  • fatigue chronique : vous vous réveillez épuisé, comme si la nuit n’avait servi à rien ; 
  • irritabilité : vous perdez patience pour un rien, parfois même avec la personne dont vous prenez soin, et cela vous attriste aussitôt ; 
  • isolement social : vous refusez les invitations, vous vous éloignez de vos amis, vous n’avez plus le temps, ni l’énergie, pour vos loisirs ; 
  • problèmes de santé : maux de tête, de dos, troubles du sommeil, tension… Votre corps tire la sonnette d’alarme ; 
  • culpabilité : chaque fois que vous vous accordez une pause, vous avez l’impression d’abandonner votre proche. 

Beaucoup de proches aidants pensent que leur bien-être est secondaire, que leur souffrance doit passer après celle de leur proche. Un aidant épuisé, c’est un aidant fragilisé. Prendre soin de soi, ce n’est pas trahir son engagement.  

Le droit au répit : comment souffler sans culpabiliser ? 

Dans la vie de tout proche aidant, il y a un moment où la fatigue prend le dessus. 

On se réveille plus tôt, on se couche plus tard. On pense “je tiendrai encore un peu”… jusqu’au burn-out ! C’est là que le droit au répit prend tout son sens. 

Le droit au répit offre au proche aidant la possibilité de souffler, de se reposer et de retrouver du temps pour soi. 

Si la personne que vous accompagnez bénéficie de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), elle peut être utilisée pour financer ces temps de répit. 

Parce que chaque situation est unique, le droit au répit peut prendre plusieurs formes : 

  • un accueil de jour : votre proche passe une ou plusieurs journées par semaine dans une structure adaptée ; 
  • un hébergement temporaire : qui permet de confier, pour une courte durée, votre proche à un établissement ou à des accueillants familiaux ; 
  • un relais à domicile : un professionnel prend le relais pour les soins, le repas, la toilette ou la compagnie. 

Et pourtant, malgré ces dispositifs, beaucoup d’aidants peinent encore à souffler. Entre le manque de temps, la complexité des démarches et la difficulté de déléguer, s’autoriser une pause devient souvent un défi. 

C’est dans cet esprit que Mutualp, en partenariat avec Filassistance, propose un service d’assistance vie quotidienne dédié également à chaque proche aidant. Ce dispositif offre un accompagnement global : évaluation des besoins à domicile, coordination des services utiles et organisation de véritables temps de répit, pour aider chacun à retrouver souffle et équilibre. Avec Mutualp, l’aide et le réconfort ne s’adressent pas qu’à la personne accompagnée : ils s’adressent aussi à vous. 

Comment alléger le fardeau du proche aidant grâce aux aides financières ? 

S’occuper d’un proche, c’est une aventure humaine… mais aussi un défi financier. Entre la réduction du temps de travail, les dépenses liées à l’accompagnement et la fatigue accumulée, la charge peut devenir lourde. 

Pourtant, peu de gens savent que des aides financières existent pour soulager ce fardeau invisible. 

L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) 

L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) a été créée pour permettre au proche aidant de ralentir ou suspendre son activité professionnelle, sans tout perdre. 

L’AJPA compense en partie la perte de salaire lorsque vous prenez un congé de proche aidant, renouvelable sur un an. C’est un droit, pas une faveur. 

Le fameux “66 jours 

Chaque proche aidant peut bénéficier de 66 jours d’indemnisation sur l’ensemble de sa carrière. Cela peu paraître peu, mais c’est souvent suffisant pour traverser les périodes les plus difficiles : un retour d’hospitalisation ou une aggravation de la dépendance. 

L’AJPA s’adresse au proche aidant qui : 

  • est salarié ou fonctionnaire et a préalablement demandé un congé de proche aidant à son employeur ; 
  • entretient un lien étroit et stable avec la personne aidée (conjoint, concubin, pacsé, ascendant, descendant, personne âgée ou handicapée avec laquelle elle réside) ; 
  • apporte une aide pour accomplir tout ou partie des actes de la vie quotidienne, à titre non professionnel ; 
  • accompagne une personne aidée ayant un taux d’incapacité d’au moins 80 % reconnu par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou en perte d’autonomie évaluée en GIR 1, 2, 3 et 4. 

La prestation de compensation du handicap (PCH) 

Quand la personne aidée est en situation de handicap, c’est la PCH qui entre en jeu. Cette aide est attribuée par le département et couvre certains frais liés à : 

  • l’aide humaine : intervention d’une aide à domicile, par exemple ; 
  • l’aide technique : achat d’un fauteuil roulant, par exemple ; 
  • l’aide matérielle pour l’aménagement du logement ou du véhicule ; 
  • les dépenses spécifiques ou exceptionnelles liées au handicap : frais d’entretien d’un fauteuil roulant, par exemple ; 
  • l’aide animalière : acquisition et entretien d’un animal, un chien d’aveugle, par exemple. 

En clair, la prestation de compensation du handicap ne s’adresse pas directement à l’aidant. Mais elle allège le poids financier de la prise en charge. Moins de frais, c’est aussi moins de stress pour le proche aidant

Comment concilier son rôle de proche aidant et son propre bien-être ? 

Être proche aidant, c’est souvent se sentir indispensable… et pourtant débordé. 
Vous donnez tant d’énergie pour prendre soin de votre proche qu’il ne reste parfois plus grand-chose pour vous. 

Mais comment être un proche aidant épanoui sans vous perdre en chemin ? 

1. Apprenez à déléguer : vous n’êtes pas seul au monde 

Vous n’êtes pas obligé de tout faire. Faites appel : 

  • à la famille : répartissez les tâches. Untel s’occupe des courses, un autre des rendez-vous médicaux ; 
  • à des professionnels : pour accomplir des tâches comme le ménage lourd ou la toilette. C’est un investissement pour votre santé. 
  • aux services d’aide à domicile : utilisez l’APA de votre proche pour financer une aide extérieure. 

2. Organisez-vous et simplifiez les tâches 

  • Planifiez : utilisez un agenda numérique partagé pour suivre les rendez-vous médicaux, les visites et les démarches administratives. 
  • Simplifiez : commandez vos courses en ligne, optez pour des plats préparés équilibrés et préparez les médicaments dans un pilulier hebdomadaire. 

3. Prenez du temps pour vous, sans culpabilité 

Bloquez dans votre agenda des plages « personnelles » aussi sacrées qu’un rendez-vous médical. Une promenade, un café avec un ami, la lecture d’un livre… Ces moments sont vitaux. 

Se ressourcer n’est pas de l’égoïsme, c’est de la survie. Cela vous permettra de prendre soin de votre proche en ayant plus de patience et d’énergie. 

4. Rejoignez un groupe de parole 

Échanger avec d’autres proches aidants est d’une puissance thérapeutique incroyable. Vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas seul à vivre ces difficultés et pourrez glaner de précieux conseils. 

Témoignage : « J’ai appris à m’occuper de ma mère sans m’oublier » 
Témoignage de Chantal, 58 ans, qui s’occupe de sa mère, 85 ans, en fauteuil roulant. 

« Pendant deux ans, j’ai failli craquer. Je courais entre mon travail, l’appartement de maman et ma maison. Je dormais mal, j’étais tout le temps stressée. Un jour, une amie infirmière m’a dit : « Chantal, tu es un proche aidant, tu as des droits ! » 

J’ai contacté un Clic (Centre local d’information et de coordination). Ils m’ont aidée pour les démarches administratives pour obtenir l’APA. Grâce à cela, nous avons pu financer une auxiliaire de vie 3 fois par semaine pour la toilette. Ce fut un soulagement immense. J’ai aussi découvert l’existence de l’allocation journalière du proche aidant. Même si je ne l’ai pas encore utilisée, savoir que j’ai droit à 66 jours de répit par an me rassure. C’est une bouée de sauvetage. 

Maintenant, je prends chaque mercredi après-midi pour moi. Je vais à la piscine, Ce n’est pas toujours facile, la culpabilité est là, mais je me sens mieux. Et quand je suis avec maman, je suis plus détendue, plus présente. Prendre soin de moi, c’est finalement la meilleure façon de prendre soin d’elle. » 

 
Être un proche aidant est un marathon, pas un sprint. C’est un rôle noble qui demande une force immense, mais cette force doit être entretenue. Rappelez-vous ceci : en prenant soin de vous, vous vous donnez les moyens d’accompagner plus longtemps et dans de meilleures conditions la personne que vous aimez. 

L’essentiel à retenir : 

Être proche aidant, c’est offrir une présence qui apaise, un cœur qui veille. Mais c’est aussi un équilibre fragile entre dévouement et épuisement. 
Souvenez-vous : prendre soin de vous, c’est aussi prendre soin de l’autre. Autorisez-vous à souffler, à demander de l’aide, à exister en dehors du rôle d’aidant. Parce que vous aussi, vous méritez douceur, écoute et répit. 

 
Cet article a été réalisé avec le concours d’un conseiller Mutualp, spécialiste de la protection santé et de l’accompagnement des seniors. Grâce à son expertise, nous avons pu apporter un regard concret sur le rôle du proche aidant et sur les solutions de mutuelle et de soutien qui peuvent véritablement faire la différence au quotidien. 

 
FAQ – Proche aidant : les questions les plus fréquentes 

Le statut de proche aidant est-il compatible avec une activité professionnelle ? 
Oui, tout à fait. De nombreux proches aidants concilient leur rôle avec une activité professionnelle.  

Que se passe-t-il si mon proche n’a pas de lien de parenté avec moi ? 
La loi reconnaît le rôle de proche aidant si vous n’avez pas de lien de parenté, à condition d’avoir des liens étroits et stables avec la personne aidée et de lui venir en aide à titre non professionnel. 

Existe-t-il un numéro pour me renseigner sur mes droits en tant que proche aidant ? 
Oui, vous pouvez contacter le 0 800 360 360 (numéro vert gratuit), une plateforme dédiée aux proches aidants qui répond à toutes vos questions