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Un comprimé contre la douleur, un sirop contre la toux retrouvé dans l’armoire à pharmacie ou un médicament qui nous avait déjà soulagés autrefois… Face à un petit problème de santé, le réflexe de l’automédication peut vite s’installer. Pourtant, après 60 ans, certains médicaments nécessitent davantage de vigilance. Entre effets indésirables, interactions et traitements déjà en cours, mieux vaut ne pas prendre n’importe quoi sans précaution. 

Qu’est-ce que l’automédication ? 

L’automédication, c’est le fait de prendre un médicament de sa propre initiative, sans avoir consulté un médecin ni demandé conseil à un pharmacien. 

Elle peut prendre différentes formes : 

  • acheter et prendre un médicament disponible sans ordonnance ; 
  • réutiliser un médicament prescrit lors d’un précédent problème de santé ; 
  • prendre un médicament qui avait été prescrit à votre conjoint ou à un proche ; 
  • modifier vous-même la dose ou la durée d’un traitement ; 
  • associer plusieurs médicaments dans l’espoir de soulager plus rapidement un symptôme. 

L’automédication concerne donc aussi les médicaments déjà présents dans votre armoire à pharmacie. Le fait qu’un produit vous ait été prescrit il y a quelques mois ou quelques années ne signifie pas qu’il soit adapté à votre état actuel. 

Un mal de tête, une douleur articulaire ou une toux peuvent sembler faciles à traiter seul. Pourtant, après 60 ans, mieux vaut être plus prudent.  

L’Assurance Maladie recommande d’éviter l’automédication et de demander conseil à un professionnel de santé, même pour un problème qui paraît bénin. 

Quels sont les principaux dangers de l’automédication chez les seniors ? 

Les principaux dangers de l’automédication chez les seniors sont les interactions entre médicaments, le surdosage, les effets indésirables et l’aggravation d’une maladie existante. Elle peut aussi masquer certains symptômes et retarder le diagnostic d’un problème de santé. Ces risques sont plus importants lorsque plusieurs traitements sont déjà pris au quotidien. 

1. Vous pouvez prendre deux médicaments qui peuvent interagir entre eux 

C’est l’un des principaux risques de l’automédication. 

Un médicament acheté sans ordonnance peut interagir avec votre traitement habituel. Il peut renforcer son action, la diminuer ou augmenter certains effets indésirables. 

Cette situation mérite particulièrement votre attention si vous suivez déjà un traitement contre : 

  • le diabète ; 
  • une maladie cardiaque ; 
  • des troubles du sommeil ou de l’anxiété ; 
  • une douleur chronique ; 
  • un risque de thrombose ou d’embolie. 

Les interactions médicamenteuses sont particulièrement problématiques chez les personnes âgées, qui prennent souvent plusieurs traitements. 

Le bon réflexe : avant d’ajouter un médicament, même disponible sans ordonnance, dites à votre pharmacien ce que vous prenez déjà. 

2. Vous risquez de prendre deux fois la même substance 

Deux boîtes différentes ne contiennent pas forcément deux médicaments différents. 

Certains médicaments associent plusieurs substances actives. L’une d’elles peut être également présente dans un autre produit que vous prenez déjà. 

Vous pouvez donc dépasser la dose recommandée sans vous en rendre compte. 

C’est notamment le cas lorsque plusieurs médicaments pris pour soulager des symptômes différents contiennent, en réalité, une même substance active. 

Le bon réflexe : regardez toujours la rubrique « composition » de la notice et demandez conseil au pharmacien en cas de doute. 

3. Un médicament banal peut aggraver une maladie 

« Sans ordonnance » ne signifie pas « sans risque ». 

Certains médicaments disponibles en automédication ne conviennent pas à toutes les situations. L’Assurance Maladie rappelle par exemple que certains corticoïdes peuvent perturber la glycémie chez une personne diabétique. Certains médicaments effervescents peuvent aussi contenir beaucoup de sodium et nécessiter des précautions en cas d’hypertension ou d’insuffisance cardiaque. 

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) nécessitent également certaines précautions, notamment si vous souffrez d’une maladie chronique ou prenez déjà d’autres médicaments. 

Vous avez une maladie chronique ? Avant toute automédication, le plus simple reste de demander au pharmacien si le produit envisagé est compatible avec votre état de santé. 

4. Certains médicaments peuvent augmenter le risque de chute 

Vous vous sentez soudainement étourdi, somnolent ou moins stable sur vos jambes ? 

Un médicament peut parfois être en cause. 

Certains traitements peuvent entraîner une baisse de vigilance, des vertiges ou des troubles de l’équilibre. Chez une personne âgée, ces effets augmentent le risque de chute et donc de fracture.  

C’est pourquoi reprendre seul un ancien somnifère ou un médicament contre l’anxiété n’est pas une bonne idée. 

Si un médicament provoque une somnolence inhabituelle ou des vertiges, parlez-en rapidement à votre médecin ou à votre pharmacien. 

5. L’automédication peut masquer un problème de santé 

Vous avez mal au ventre depuis plusieurs jours. Vous prenez un médicament et la douleur diminue temporairement. 

Le problème semble réglé… mais sa cause est toujours présente. 

C’est un autre risque de l’automédication : en cherchant à soulager un symptôme par soi-même, on peut parfois repousser une consultation pourtant nécessaire. Une douleur qui persiste, une toux qui ne passe pas ou des troubles digestifs qui reviennent régulièrement doivent inciter à consulter pour en rechercher la cause, plutôt qu’à enchaîner les médicaments. 

Un avis médical plutôt que l’automédication 

Votre médecin est indisponible et vous hésitez sur la conduite à tenir ? Plutôt que de reprendre un ancien médicament, prenez le temps d’obtenir un avis médical. 

Mutualp vous donne accès à MédecinDirect, un service de téléconsultation disponible 24 h/24 et 7 j/7. Vous pouvez échanger avec un médecin depuis chez vous, à l’aide de votre téléphone, de votre tablette ou de votre ordinateur. Ce service est entièrement pris en charge par Mutualp, sans frais à avancer.  

Vous expliquez ce qui vous gêne et posez vos questions. Le médecin évalue votre situation et détermine si une prise en charge à distance est adaptée. Si nécessaire, il peut prescrire un traitement ou vous orienter vers une consultation en cabinet.  

L’objectif n’est pas de se voir systématiquement prescrire un médicament. médicament, mais de savoir comment réagir et quelle conduite adopter sans choisir seul son traitement. 

Automédication : 7 réflexes pour éviter de prendre un médicament sans conseil 

1. Gardez le numéro de votre pharmacie à portée de main 

Enregistrez-le dans votre téléphone ou notez-le près de vos ordonnances. Vous pourrez ainsi appeler avant de chercher une solution dans votre armoire à pharmacie. 

Expliquez ce qui vous gêne et demandez si une consultation est nécessaire.  

2. Décrivez vos symptômes plutôt que de réclamer un produit précis 

Avant l’appel ou la consultation, notez depuis quand le problème a commencé et ce que vous ressentez. Précisez aussi ce qui a changé dans votre quotidien : sommeil perturbé, difficulté à manger, gêne pour marcher… 

Par exemple, dites : « Je tousse depuis trois jours et cela me réveille la nuit. » C’est plus utile pour commencer l’échange que de demander directement un sirop. 

3. Rassemblez vos ordonnances dans une seule pochette 

Placez ensemble les ordonnances à jour de votre médecin traitant et de vos spécialistes. Apportez cette pochette à vos rendez-vous et à la pharmacie. 

Ajoutez les noms des autres produits que vous utilisez, même occasionnellement : vitamines, plantes ou médicaments sans ordonnance. Vous donnerez ainsi au professionnel une vue complète de ce que vous prenez.  

4. Rapportez les médicaments dont vous n’avez plus besoin 

Une fois votre traitement terminé conformément à la prescription, évitez de conserver les médicaments restants « au cas où ». S’ils sont inutilisés ou périmés, rapportez-les à la pharmacie plutôt que de les jeter à la poubelle. 

Vous ne savez pas quels médicaments garder ? Votre pharmacien peut vous aider à faire le tri dans votre armoire à pharmacie. En revanche, ne vous débarrassez jamais d’un médicament qui fait encore partie de votre traitement en cours. 

5. Demandez conseil si le problème revient 

Vos douleurs ou vos troubles du sommeil reviennent souvent ? Préparez cette question pour votre médecin : « Que dois-je faire si cela recommence ? » 

Demandez-lui également quels gestes peuvent vous soulager sans prendre de médicament et à partir de quand il est préférable de le recontacter. Pensez à noter ses conseils : vous saurez ainsi comment réagir si le problème se présente à nouveau. 

6. Faites le point sur vos médicaments 

Vous prenez plusieurs médicaments et vous avez parfois du mal à vous y retrouver dans les doses, les horaires ou les consignes ? Plutôt que de modifier vous-même votre traitement, prenez le temps d’en parler avec un professionnel de santé. 

Votre pharmacien pourra notamment vérifier si vous pouvez bénéficier d’un bilan partagé de médication. Cet accompagnement permet de faire le point sur l’ensemble de vos médicaments, de repérer les éventuelles difficultés et de mieux comprendre votre traitement, en coordination avec votre médecin traitant. 

7. Demandez de l’aide à votre entourage 

Prendre rendez-vous ou vous déplacer n’est pas toujours facile ? N’hésitez pas à solliciter un proche. Il peut vous aider à contacter votre médecin ou votre pharmacien, vous accompagner lors d’un rendez-vous ou encore noter les conseils qui vous sont donnés. 

Un simple « Peux-tu m’aider à appeler la pharmacie ? » peut déjà faire la différence. Vous obtenez ainsi plus facilement un conseil adapté, sans avoir à choisir seul un médicament. 

L’automédication peut sembler pratique pour régler rapidement un petit problème. Mais lorsque plusieurs traitements font déjà partie du quotidien, un médicament supplémentaire mérite quelques précautions. Avant d’ouvrir votre armoire à pharmacie, pensez à demander conseil. Ce simple réflexe permet souvent d’éviter une interaction, une mauvaise dose ou un effet indésirable. 

L’essentiel à retenir 

  • L’automédication consiste à prendre un médicament de sa propre initiative. 
  • Après 60 ans, l’organisme peut éliminer certains médicaments plus lentement. 
  • Un médicament sans ordonnance peut interagir avec votre traitement habituel. 
  • Deux médicaments différents peuvent contenir une même substance active. 
  • Certains traitements peuvent provoquer vertiges, somnolence ou troubles de l’équilibre. 
  • Un symptôme qui persiste ou s’aggrave mérite un avis médical. 
  • En cas de doute, votre pharmacien est votre premier interlocuteur. 

FAQ : Automédication chez les seniors 

Les médicaments pris en automédication sont-ils remboursés ? 

Non. Les médicaments achetés sans ordonnance ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie. La prise en charge dépend notamment de la prescription et de l’inscription du médicament sur la liste des produits remboursables. 

Les médicaments vendus sur Internet sont-ils fiables ? 

Pas sur tous les sites. En dehors du circuit légal, leur composition et leur qualité ne sont pas garanties. Des produits falsifiés peuvent ressembler aux médicaments habituels. En France, l’Ordre national des pharmaciens tient à jour la liste des sites habilités à vendre des médicaments en ligne. Toutefois, la présence d’un médicament sur un site légal ne signifie pas qu’il convient à votre situation. L’achat en ligne ne remplace pas un conseil professionnel. 

Que faire si l’on a pris une dose de médicament en trop ? 

Appelez immédiatement un centre antipoison, même si vous vous sentez bien. En France, le 01 45 42 59 59 vous oriente vers un centre. Gardez la boîte du médicament à portée de main afin de préciser son nom, la quantité prise et l’heure de la prise. Ne cherchez pas à vous faire vomir. En cas de symptômes graves ou de malaise important, appelez le 15 ou le 112.