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Vous avez peut-être vu passer l’info dans les actualités ou en discutant à la pharmacie : à partir du 1er septembre, les règles de remboursement de certains médicaments changent. Forcément, ça interroge. Est-ce que ça va vous coûter plus cher ? Est-ce que votre traitement habituel est concerné ? Est-ce que vous allez devoir remplir des papiers en plus ? Autant de questions légitimes. Et si on prenait cinq minutes pour y voir plus clair ensemble ?


1er septembre 2026 : refuser certains médicaments ne sera plus sans conséquence 

Commençons par ce qui change réellement. 

Aujourd’hui, la carte Vitale permet généralement de bénéficier du tiers payant en pharmacie. Autrement dit, vous n’avez pas à avancer la part de vos médicaments prise en charge par l’Assurance Maladie. 

À compter du 1er septembre 2026, ce principe évolue si vous refusez la substitution d’un médicament de référence par un médicament hybride ou un médicament biosimilaire, lorsque c’est possible. 

Refus de substitution : faudra-t-il avancer les frais ? 

Oui, dans ce cas : 

  • vous ne pouvez plus bénéficier du tiers payant ; 
  • vous devez régler la totalité de son prix à la pharmacie ; 
  • l’Assurance Maladie vous rembourse ensuite selon le taux applicable. 

Pour les personnes qui suivent plusieurs traitements au quotidien, cette évolution mérite d’être connue avant de se rendre à la pharmacie. 

Comprendre les changements : zoom sur les médicaments hybrides et les médicaments biosimilaires 

Derrière ces termes un peu “savants” se cachent des médicaments que votre pharmacien peut, dans certaines situations, vous proposer à la place d’un traitement de référence. 

Le médicament hybride : le même principe actif, avec quelques différences 

Un médicament hybride contient le même principe actif qu’un médicament de référence. Mais avec quelques petites différences qui peuvent concerner : 

  • la forme thérapeutique : une solution buvable peut, par exemple, remplacer une autre forme et faciliter la prise chez certaines personnes âgées ; 
  • le dosage : avec une posologie permettant de réduire le nombre de prises quotidiennes ; 
  • la voie d’administration : elle peut être différente afin de faciliter la prise, notamment en cas de troubles de la déglutition. 

Le médicament biosimilaire : presque identique au médicament biologique 

Un médicament biosimilaire est, quant à lui, très proche d’un médicament biologique de référence, même si de légères différences peuvent exister entre les deux. 

Les médicaments biologiques sont fabriqués à partir de cellules ou d’organismes vivants. Parmi eux, on retrouve notamment : 

  • des hormones de croissance ; 
  • certains vaccins. 

Un médicament biosimilaire peut être produit lorsque le brevet du médicament biologique de référence est tombé dans le domaine public. 

Et côté sécurité ? 

Comme les autres traitements disponibles en France, les médicaments hybrides et biosimilaires doivent obtenir une autorisation de mise sur le marché. Celle-ci est évaluée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou par l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Refuser un médicament hybride ou biosimilaire peut-il coûter plus cher ? 

Au-delà du passage en caisse, c’est surtout le montant réellement remboursé qui mérite votre attention. 

Un remboursement qui peut être calculé sur un prix inférieur 

Dans certains cas, l’Assurance Maladie ne calculera pas votre remboursement sur le prix du médicament de référence que vous avez choisi. 

Elle pourra prendre comme base le prix du médicament hybride ou médicament biosimilaire le plus cher appartenant au groupe concerné. 

Si votre médicament de référence est plus coûteux, la différence de prix restera alors à votre charge

Un exemple pour mieux comprendre 

Imaginons que : 

  • votre médicament de référence coûte 20 €
  • le médicament hybride proposé coûte 18 €
  • vous choisissez malgré tout de conserver le médicament de référence à 20 €. 

Vous payez alors 20 € à la pharmacie, mais l’Assurance Maladie calcule votre remboursement sur une base de 18 € et non de 20 €. 

Le médecin peut-il s’opposer à la substitution ? 

Oui, et cette exception est importante. Cette nouvelle règle ne signifie pas que vous devrez systématiquement accepter le médicament hybride ou le médicament biosimilaire proposé par votre pharmacien. 

Une exception lorsque votre état de santé le justifie 

Si le médecin considère que la substitution n’est pas adaptée à la situation médicale du patient, il peut l’exclure. 

Dans ce cas : 

  • cette impossibilité doit être clairement indiquée sur l’ordonnance prescrite ; 
  • le pharmacien ne peut pas remplacer le médicament de référence par un médicament hybride ou biosimilaire. 

Il faut donc bien distinguer un refus personnel de la substitution d’une impossibilité de substitution décidée par le médecin pour une raison médicale.  

Substitution, les bons réflexes avant de dire non à votre pharmacien 

À compter du 1er septembre 2026, mieux vaut prendre quelques instants pour échanger avec votre pharmacien avant de refuser le médicament proposé. 

Quelques questions peuvent vous aider à faire un choix éclairé et à éviter toute mauvaise surprise. 

  • Pour quelle raison ce médicament m’est-il proposé à la place de mon traitement habituel ? 
  • Mon ordonnance permet-elle cette substitution ? 
  • Existe-t-il une différence de prix entre les deux médicaments ? 
  • Ce choix aura-t-il une incidence sur mon remboursement ? 

Si vous avez des difficultés avec la forme du médicament, son dosage ou son mode d’administration, n’hésitez pas à en parler également à votre pharmacien. Il pourra répondre à vos interrogations et, si votre situation le nécessite, vous inviter à vous rapprocher de votre médecin. 

À partir du 1er septembre 2026, un passage à la pharmacie demandera parfois un peu plus de vigilance. Face à une substitution, le bon réflexe sera simplement de poser les bonnes questions avant de faire votre choix. Quelques minutes avec votre pharmacien peuvent suffire à y voir plus clair sur le remboursement des médicaments.